« Pour l’adversaire, il y en a certains, qui disent que jamais deux, sans trois. »

Il est à 90 minutes de rentrer dans l’histoire du football sénégalais, en étant le premier sorcier blanc à conduire un club sénégalais à une phase de poule de la Ligue africaine des Champions. Olivier Perrin, coach de Génération Foot, a un rêve :  réussir l’exploit, face à l’ogre guinéen du Horoya AC, ce soir au Stade Leopold Sedar Senghor.

 

«Je crois que le scenario, c’est eux qui vont l’écrire, aussi»

«Si mon équipe est capable de prendre le jeu à son compte,  de faire le jeu, de marquer 3 buts à 0, à la mi-temps, je suis preneur. Si mon équipe est courageuse, laborieuse, mais moins talentueuse, est capable de marquer à la 90 mn sur un corner, je prends aussi. Je crois que le scenario, c’est eux qui vont l’écrire, aussi. L’important du résultat,  aujourd’hui, est là. Donc, le résultat, ce sera notre fil rouge. La méthode, on va essayer de le faire, si elle est bonne, elle est bonne. Si elle est moins bonne, ce n’est pas grave. L’importance, c’est d’essayer de gagner. Non ! L’importance, c’est de se qualifier, parce qu’on peut gagner sans se qualifier.

« L’état d’esprit est positif »

Heureusement, les matches de Coupe d’Afrique des Clubs champions sont des matchs difficiles, parce que si on démarrait avec une petite balade de santé, ça ne s’appellerait pas League des Champions. L’état d’esprit est positif, ce sont de jeunes joueurs, on n’a pas trop de pression, c’est des gamins, ils veulent vivre l’événement. Ils forment un groupe, ils forment une entité, ils sont solidaires, les uns, les autres, je pense que toutes ces qualités-là, on va les voir demain.

Pour l’adversaire, il y en a certains, qui disent que jamais deux, sans trois. Moi, je vous dis que les statistiques sont faites pour être menties  comme les statistiques contre EL Makasa. Au match-aller, il y avait beaucoup de déception, le soir du match. On avait l’occasion de démarrer le match, à Dakar, avec une avance, je le dis, très honnêtement, parce que j’étais au bord du terrain et l’équipe de Horaya n’était pas très bien en début de match.

Il y avait beaucoup de doute et on avait trop semé le doute dans le camp adverse. Malheureusement, avec les deux actions de but, on n’a pas été si culottés pour les concrétiser. On aurait pu mener au score. Par rapport au match qu’on a fait, notre prestation est quand même défavorable.

«Pour l’adversaire, il y en a certains, qui disent que jamais deux, sans trois. Moi, je vous dis que les statistiques sont faites pour être menties  comme les statistiques contre EL Makasa»

La seule chose qu’on retient, c’est qu’ils ont fini par mener au score, sans un grand match et je ne pense pas que les deux équipes aient fait leur meilleur mach, ce jour-là. Maintenant, c’est 2 à 1, on va voir pour le match-retour. La mobilisation ne peut pas être déstabilisante, je pense qu’on a besoin de supporters et même dites à vos spectateurs ou téléspectateurs, aux Sénégalais de venir, pas pour assister, mais pour supporter. Horaya a eu un public, qui l’a poussé. C’est le moment pour le football sénégalais de se faire une place.

«Vous avez été à Makassa, Makassa nous a pressés de la 1ère, à la dernière minute. Donc, 1h 30 mn de pression pour remonter le match, 1h 30 à défendre. Moi, je ne fais pas ça, au Sénégal, il ne m’est jamais arrivé de défendre 20mn d’affilée»

Les matches qu’on a en Coupe d’Afrique, ce ne sont pas les mêmes matches, on apprend de nouvelles choses, il faut qu’on soit meilleurs dans les attaques rapides dans les transitions, parce que les adversaires nous proposent autre chose. Donc, moi, je découvre, aussi, mon équipe, avec des temps de jeu différents. Vous avez été à Makassa, Makassa nous a pressés de la 1ère, à la dernière minute. Donc, 1h 30 mn de pression pour remonter le match, 1h 30 à défendre.

Moi, je ne fais pas ça, au Sénégal, il ne m’est jamais arrivé de défendre 20mn d’affilée. Si j’ai défendu pour ne pas prendre de but, c’est parce qu’on ne voulait pas jouer, c’est juste que l’adversaire était meilleur que nous, ce jour-là. Ils nous ont pressés, ils nous ont posé des problèmes. Donc,  voilà, le niveau  du football s’élève, le niveau de compétition s’élève,  les problèmes ne sont plus les mêmes.

«Le résultat du mach, je ne le détiens pas, c’est les joueurs qui le détiennent»

On a regardé le match, on a regardé, aussi, les choses qu’il faut changer, mais je reste convaincu que le plus important, ce n’est pas l’adversaire ; le plus important, c’est ce qu’on a travaillé, on a un projet de jeu, on a une méthode de jeu, on met des joueurs dans un contexte. Ce que je veux c’est qu’ils répondent à ce qu’on a appris, à ce qu’on fait.

Aujourd’hui, si on réussit à le faire contre Horaya, cela veut dire qu’on a beaucoup progressé, qu’on a travaillé, qu’on est capable d’imposer quelque chose à l’adversaire et cela prouve qu’on a un niveau. Si on ne le fait pas, cela signifie qu’il y a du travail, il y a des choses à changer, pour arriver à ça. C’est ça le métier d’entraineur.

Demain, si je leur dis que Horaya va se mettre derrière et essayer de mettre des balles en avant, mes joueurs doivent être capables de répondre à ce qui se passe, ils doivent être capables d’assumer leur qualité. La chose la plus décevante, pour moi, demain, sera que mes joueurs ne soient pas capables de montrer leur qualité. Le résultat du mach, je ne le détiens pas, c’est les joueurs qui le détiennent. Après, la vérité d’un match, c’est autre chose, ça peut venir d’un arbitre qui se trompe, donc il y a plein de choses.

«Aujourd’hui, les 11, qui vont être sur le terrain, seront les meilleurs, qui seront prêts à le faire»

L’intensité du match contre El Makassa m’a, vraiment, rassuré. Notre objectif, c’est d’être bons, on a fait le travail athlétique individuel  qu’il faut.  Aujourd’hui, les 11, qui vont être sur le terrain, seront les meilleurs, qui seront prêts à le faire. Sur ce plan, on n’a aucun souci, le football, c’est des courses, des démarcages, c’est de la lecture. Donc, quand vous n’avez pas que des joueurs physiques, vous jouez, autrement. On a eu à jouer des matches de Coupe du Sénégal, il ya certains joueurs, qui étaient dans les dispositions et le jour du match, n’ont  pas donné le meilleur d’eux-mêmes. Demain, c’est un autre match, c’est presque une finale».

Propos recueillis par Pape Djibril GAYE (Stagiaire)

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